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• Format : 12 x 19 cm
• 204 pages
• Prix public : 10 €
ISBN : 978-2-492366-03-1
En librairie le 14 mai mai 2021
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Napoléon, dit Caulaincourt, estimait peu les hommes. Il loue rarement, ne blâme guère et n’oublie rien. C’est qu’il n’a pour guide que son intérêt, ou pour mieux dire, sa politique. Les hommes, pour l’Empereur, ne sont que des pions sur un échiquier : celui de l’histoire. Ce sens utilitaire de l’humanité qui frise la misanthropie nous vaut une implacable galerie de portraits dont la franchise touche au cynisme. Mais tous les sujets sont abordés sans fard dans cette longue chevauchée que ponctuent des épisodes pittoresques, entre estafettes et postillons. Napoléon se raconte au fil de la route, sans oublier ses origines, et l’on s’étonne de trouver dans sa bouche un éloge explicite de la monarchie tempérée qui va de pair avec la critique de la Révolution. Ce n’est pourtant pas la voie qu’il a suivie. Mais il est prompt à justifier son despotisme absolu par l’hostilité de l’Europe que l’Angleterre exalte au prix d’une guerre sans merci : Rome et Carthage, dit-il. Or l’épilogue n’est pas le même : il s’est inversé. Carthage est le vainqueur. Quelle est la part de Caulaincourt et de ses propres idées dans ce bilan du règne aux accents crépusculaires ? On peut en débattre à l’infini depuis la publication de ses amples Mémoires par Jean Hanoteau (1933). Mais il est en tout cas, dans cet hiver tragique de 1812, un témoin capital. L’AUTEUR
Armand de Caulaincourt, né dans son fief picard en 1773, est un pur produit de l’aristocratie d’Ancien Régime. Sa mère officie à la Cour de Versailles et son père, le marquis, a le grade de général. Mais le jeune officier n’émigre pas sous la Révolution. Il s’engage au contraire dans la Garde nationale et sa carrière militaire, qui ne manque pas de bravoure, est rapide sous le Directoire. En 1801, Bonaparte le dépêche à Saint Pétersbourg auprès du tsar Alexandre, qui l’apprécie fort, et sa mission réussie, l’emploie comme aide de camp. Sa carrière est faite. Caulaincourt, promu général, devient Grand Ecuyer de l’Empereur, dont il est désormais l’un des fidèles. En 1807, Napoléon le fait duc de Vicence et l’envoie comme ambassadeur en Russie, où son rôle est central dans le maintien de l’alliance franco-russe, qui lui vaut quelques désaccords avec l’Empereur et son rappel à Paris en 1811. Caulaincourt est loyal mais non dévot. Il n’hésite pas à contredire Napoléon quand la Grande Armée s’aventure en Russie, ayant l’expérience de l’hiver russe, que l’Empereur méconnaît gravement. C’est alors que se situe l’épisode fameux du retour de Russie, où Caulaincourt est le confident de Napoléon durant les deux semaines de leur voyage secret. Son rôle diplomatique devient alors essentiel jusqu’à la chute de l’Empire. Fait ministre des Relations Extérieures, il ne cesse de négocier avec le tsar Alexandre pour sauver ce qui peut l’être.
Après Waterloo, Caulaincourt, que le tsar préserve de l’exil, se retire sur ses terres, où il écrit des Mémoires de première grandeur, jusqu’à sa mort en 1827, à l’âge de cinquante-trois ans. Peint par le baron Gérard dans un portrait fameux, Caulaincourt, dont la prestance était notoire, est à coup sûr l’une des figures les plus emblématiques de l’Empire.
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